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Ces lectures qu'on a abandonnées

  • 26 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 janv.

Il y a des livres qui s’ouvrent comme une porte accueillante, et d’autres... qui nous résistent. Pas parce qu’ils sont mauvais. Mais parce que, parfois, le moment n’est tout simplement pas le bon. Pas le bon livre, pas le bon moment...


J’ai longtemps cru que, si un livre ne “passait” pas, c’était que je n’étais pas assez concentrée, pas assez cultivée, pas assez… lectrice ? Alors je m’acharnais, je relisais la même page trente fois, je forçais... Et, enfin arrivée à la fin, je le faisais disparaître au fond de la bibliothèque, soulagée d'en avoir terminé avec ce calvaire...


Jusqu'à ce que, au lycée, Montaigne apparaisse au programme de lecture avec Les Essais. J'ai essayé. Vraiment. Mais, à la page 81, j'ai laissé tomber. C'était la première fois que j'abandonnais un livre, et c'était la meilleure décision que à prendre. Je me rappelle encore que j'étais contente de me dire : "Les Essais ne peuvent pas se lire en quelques semaines sous prétexte de préparer le Bac, c'est comme enchaîner des blagues sans prendre le temps d'en rire. Alors je ne le lirai pas."


Ce jour-là, j'ai compris que si un livre ne me plaisait pas, je n'avais pas à me forcer à le terminer. Certes, ce n'est pas sympa pour l'auteur... mais certains livres ne se lisent pas "comme ça". Vous avez, vous aussi, sûrement fait cette expérience : commencer un roman, l'abandonner, le reprendre plus tard, le reposer dans l'étagère…


Certains livres demandent une version différente de nous-mêmes, une version plus calme, ou plus solide, ou encore plus âgée, peut-être. Le livre est prêt pour nous, mais nous ne sommes pas encore prêt pour lui.


J’aime bien, en hiver, aller piocher dans ma pile des livres “abandonnés” et les "re-rencontrer". Pour voir si j'ai changé et jusqu'à quel point. Et parfois, une histoire qui "ne passait pas" devient un coup de cœur.


On ne lit clairement pas un roman de la même façon à 15 ans, à 30 ans ou un soir d’hiver où l’on a le cœur un peu fragile. Certains mots n’entrent en nous que lorsqu’on a vécu ce qu’ils racontent.


Oui, les livres sont là pour qu'on les rencontre. Au bon moment.

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