Mes grands-pères aimaient jardiner… mais je n’ai jamais appris avec eux
- 6 avr.
- 3 min de lecture
Mes deux grands-pères avaient chacun un grand jardin où ils faisaient pousser leurs légumes. À cette époque, beaucoup de familles avaient encore un potager, cultiver la terre faisait encore partie de la vie.

Les jardins de mes grands-pères n'étaient pas un simple terrain derrière la maison, comme on en voit aujourd’hui. Il s'agissait de vraies parcelles de terre, parfois un peu éloignées de chez eux, où ils cultivaient leurs légumes, entretenaient leurs plantations, et passaient du temps dehors pour le simple plaisir d'avoir les mains dans la terre.
Je n’ai presque aucun souvenir de leurs jardins. J’étais trop petite pour vraiment comprendre ce qu'ils y faisaient. Trop petite aussi pour me souvenir des gestes, des odeurs de terre fraîche, ou des rangées de légumes qui poussaient patiemment au fil des saisons.
Tout ce que je sais sur mes grands-pères et leurs jardins, je le tiens des récits de mes parents.
Deux jardins, et parfois un peu d’entraide
On m'a toujours dit que mes deux grands-pères aimaient jardiner, et pas qu'un peu ! Ils donnaient vraiment du temps à leurs cultures, ils s’en occupaient avec attention, presque avec affection. Les légumes n’apparaissaient pas simplement par magie : ils demandaient du travail, de la patience, et une certaine forme de fidélité à la terre.

Parfois — ou peut-être souvent — mes deux grands-pères se retrouvaient : l’un venait aider l’autre dans son jardin. Ils se donnaient un coup de main, tout simplement.
J’aime imaginer ces moments.
Deux hommes dans un jardin, peut-être un matin un peu frais, ou un après-midi de printemps. L’un penché sur un rang de légumes, l’autre occupé à retourner la terre un peu plus loin. Des gestes simples, répétés mille fois.
Et entre deux coups de bêche, quelques mots échangés. Peut-être parlaient-ils de la pluie. Des récoltes de l’année. Ou simplement de la vie.
Dans beaucoup de jardins d’autrefois, élever quelques poules faisait aussi partie du quotidien. Mon grand-père maternel en avait, justement.
Tous les matins, il allait relever les œufs. C’était un geste quotidien, presque banal pour lui. Une simple habitude qui faisait partie du rythme de la journée, comme arroser les plants ou vérifier l’état du jardin.
Je l’imagine ouvrir le poulailler, se pencher pour ramasser les œufs encore tièdes, puis repartir avec son panier plein pour son petit-déjeuner... Aujourd’hui, ce genre de scène semble presque appartenir à un autre monde.
Le goût de la terre
De plus en plus de personnes redécouvrent de nos jours le plaisir de cultiver un potager et de produire une partie de leur nourriture. C'est mon cas.
Je trouve un peu triste de ne pas avoir pu apprendre à travailler la terre auprès de mes deux grands-pères. Leur savoir-faire s'est perdu, aucun d'eux n’a eu le temps de me transmettre les bons gestes du jardinier, les petites astuces… Tout cela a disparu avec eux.
Je me surprends parfois à imaginer les questions que j’aurais pu leur poser.
Comment plantaient-ils leurs légumes ? Jardinaient-ils en fonction de la lune ? Qu’est-ce qui poussait le mieux ? Est-ce qu’ils avaient leurs petites astuces pour de belles récoltes ?
Mais les réponses n'existent plus. Ils ne sont plus là pour me guider. Il ne me reste que des fragments d’histoires racontées par mes parents, et quelques images que je reconstruis dans ma tête.
Alors, je me rattrape comme je peux. Je jardine. J’apprends. J’essaie de comprendre la terre, les saisons, les plantes. Je fais des essais, je me trompe, je recommence.
Bien sûr, mes grands-pères ne pratiquaient sans doute pas la permaculture, ni ces méthodes modernes dont on vante aujourd’hui les mérites. Non, leur façon à eux de jardiner étaient bien plus traditionnelle : retourner la terre, arracher les mauvaises herbes, etc.
Mais ils avaient quelque chose qui manque souvent aujourd’hui : du temps.
Le temps d’observer. Le temps de s’occuper de la terre. Le temps de laisser les choses pousser.
Je n’ai pas appris directement à leurs côtés. Je n’ai pas vraiment connu leurs jardins. Pourtant, quand je jardine, je me demande si ce goût pour la terre ne vient pas un peu d’eux.
Peut-être que certaines choses traversent simplement les générations. Peut-être qu’au fond, ce ne sont pas les souvenirs qui se transmettent, ni le savoir-faire… mais la passion. Et, dans le cas de mes grands-pères, le goût de la terre.
J'aime à croire que leurs jardins ont fini par pousser jusqu’au mien. 🌱



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