Ralentir, savourer, et vivre en été
- chanimoonauteur
- 22 juil.
- 2 min de lecture
L’été a cette façon bien à lui de nous ralentir, malgré nous. La chaleur impose son rythme. Elle freine les pas, incite à faire des pauses, à s’asseoir un moment à l’ombre, à boire un grand verre d’eau. Et moi, dans cette saison qui colle un peu à la peau, j’ai fini par trouver mes petits rituels pour savourer ce ralentissement plutôt que de le subir... Hors canicule, bien sûr !
Moi qui n'apprécie pas de me lever tôt, les matinées sont devenues mes moments préférés ! Il fait encore frais, le jardin se réveille doucement, les insectes ne bourdonnent pas encore, les poules sont occupées à pondre... Même les humains sont silencieux, ce que j'apprécie particulièrement.
Alors, je fais un tour dans le jardin, j'observe ce qui a poussé, jauni, ou fleuri. Je prends le temps.
Avant, j’aurais peut-être profité de ces heures pour "rentabiliser la journée". M'établir une to do list trop longue pour réussir à la terminer avant le coucher du soleil. Stresser par toutes ces tâches que je repousse au lendemain, encore et encore... Aujourd’hui, mes premières heures font partie de mon réveil. C'est une sorte de rendez-vous avec moi-même, sans pression. Je me contente d’être là, ici et maintenant. Jusqu'à ce que mon cerveau embraye malgré moi sur la journée et ses problématiques inévitables.
L’été, c’est aussi la saison des cerises qu’on cueille une à une, des tomates qu’on croque dans le jardin, des prunes presque parfaites. C’est un plaisir enfantin. Et je crois qu’il n’y a rien de plus "slow" que de savourer une framboise tiède, la seule précoce, déjà mûre.
J’apprends aussi à ralentir dans ma tête. Depuis ma dépression l'an dernier, j'ai compris que ralentir ne signifie pas "faire moins". C'est faire autrement : j’ai accepté d’écrire moins en été, et de lire plus; de me documenter sur la permaculture, de prendre des notes, de rêver à la prochaine saison plutôt que de vouloir tout faire tout de suite et de le regretter ensuite (j'ai, cependant, encore du mal à contrôler mon impatience).
Et puis, il y a les rituels invisibles. Ceux qu’on ne raconte pas toujours, mais qui comptent : une douche fraîche en fin de journée, un grand verre de limonade avec quelques feuilles de menthe du jardin, le bruit du vent dans les arbres et sur la peau, l’envie de ne rien faire d’utile pendant une heure ou deux, la sieste improvisée avec le chat posé sur les jambes, etc.
Ralentir, ce n’est pas fuir. C’est revenir. Revenir à soi, à ses envies profondes, à ce qui nous fait du bien. L’été est là pour ça, je crois. Pour nous rappeler que ce n'est pas notre productivité qui embellit nos journées, mais bien nous-mêmes, notre capacité à profiter des moments les plus simples (la fraîcheur des matins est de loin mon numéro 1!).
Oui, nous avons le droit — et même, pour notre santé mentale, le devoir — de ralentir, de ne rien produire, et surtout de s'écouter soi-même.
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