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Sommes-nous vraiment libres ?

17 oct.
3 min de lecture

On nous répète que nous sommes libres. Libres de choisir notre mode de vie, d'acheter une maison, d'avoir un jardin, de cultiver nos légumes, de faire ce qui nous plaît chez nous.

Mais cette liberté, elle est parfois bien théorique.


Propriétaire, mais pas vraiment chez soi ?


Vous achetez un appartement, une maison, que vous entretenez, rénovez. Une fois votre prêt remboursé à la banque, vous vous dîtes "Victoire ! Je suis enfin chez moi". Pourtant vous continuez à payer des taxes foncières, sous prétexte que les propriétaires sont riches ? Ah... Si seulement !


D'autant plus que si vous payez l'état, on peut s'interroger : est-ce que votre maison / votre appartement est bien à vous... ou à la France ? Est-on vraiment libre d'en faire ce qu'on veut ?


Si vous avez une maison avec jardin, par exemple, et que vous décidez d'y cultiver des légumes. Jusque là tout va vien. Mais vous récoltez plus que vous ne pouvez en manger, alors pourquoi ne pas vendre le surplus pour mettre du beurre dans les épinards ? Une idée simple, pleine de bon sens. Mais dès que vous souhaitez en faire autre chose qu'une simple consommation personnelle, vous pouvez vous confronter à des règles alambiquées et à des démarches ennuyeuses.


Vous voulez des poules dans votre jardin ? Renseignez-vous si votre ville l'autorise ! Et si oui, attention à bien les déclarer auprès de votre mairie.


Et si vous repeignez les volets en rouge ? Ça changerait un peu et vous adorez le rouge. Ah, mais non ! Selon l'endroit où vous habitez, les règles d'urbanisme vous obligent à des démarches, qui peuvent se solder par le renoncement à la couleur rouge pour vos volets. Pourquoi ? Parce que ça casserait l'uniformité, l'harmonisation des quartiers.


Et c'est ainsi que, petit à petit, notre liberté se retrouve encadrée, jusque dans les gestes les plus ordinaires de notre quotidien.


Des maisons toutes pareilles, des vies bien rangées ?


Avez-vous déjà été aux Pays-Bas ?


Amsterdam
Amsterdam

Je me souviens d'Amsterdam et de ces façades colorées qui m'avaient marquée. A aucun moment ils se sont dit "toutes ces teintes, ça fait trop patchwork, ça casse l'harmonie du lieu", non, non. Bien au contraire! Peut-être existe-il même une règle qui leur interdit d'utiliser le même crépis que leur voisin ?


Mais quelle atmosphère ! Cette explosion de couleur, ça en jette ! Imaginez comme cela peut mettre de bonne humeur, un jour de pluie !


Et chez nous, en France, qu'est-ce que cela donnerait si chacun pouvait choisir davantage les couleurs de sa maison, de ses volets, de sa clôture ? Si nous avions un peu plus de liberté pour personnaliser notre environnement ?


Bien sûr, il existe aussi de belles maisons colorées en France. Mais dans certains endroits, le choix des couleurs est tellement encadré que l'on finit par retrouver les mêmes teintes, les mêmes codes, les mêmes façades.


À force de vouloir tout organiser, tout harmoniser et tout réglementer, ne finissons-nous pas par fabriquer des lieux où la personnalité de chacun a de moins en moins de place ?


La liberté, à condition de demander la permission ?


Ce qui me dérange, au fond, ce n'est pas qu'il existe des règles. Il est normal d'en avoir pour protéger les personnes, préserver le patrimoine ou éviter certaines nuisances.


Ce qui me chiffone, c'est cette accumulation de contraintes qui finit par nous donner l'impression que nous ne pouvons jamais simplement décider par nous-mêmes.


Même chez soi, il faut parfois se renseigner, remplir des formulaires, demander un accord, attendre une réponse. Et tout cela pour des choix qui nous paraissent pourtant relever du bon sens ou de la liberté individuelle.


À quel moment une règle nécessaire devient-elle une contrainte excessive ? À quel moment cesse-t-on de protéger les citoyens pour commencer à leur dicter la manière dont ils doivent vivre ?


Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Mais je trouve paradoxal que nous parlions si souvent de liberté alors que, dans notre quotidien, tant de petites décisions nous échappent.


Saviez-vous d'ailleurs que la France est championne de la paperasse, des démarches administratives ?

On peut théoriquement choisir sa vie, à condition de respecter certaines règles... Lesquelles peuvent être en désaccord avec le mode de vie souhaité ; pas de chance !

On peut être propriétaire, mais pas toujours aménager comme on le souhaite. Il fallait se renseigner avant d'acheter !

On peut cultiver, produire, créer, mais dès que l'on sort un peu des habitudes, les démarches s'invitent.


J'aimerais simplement que l'on nous laisse un peu plus de liberté pour vivre, créer et expérimenter, sans avoir systématiquement le sentiment de devoir demander la permission pour des broutilles !


Parce qu'au fond, à quoi bon jouir d'une maison et un jardin si l'on ne peut pas s'y sentir véritablement chez soi ?


Quelle place reste-t-il à la liberté individuelle dans une société qui cherche à tout encadrer ?

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